Les philosophes de l'antiquité, dans les siècles qui précédérent l'époque chrétienne, baignaient dans une atmosphère intellectuelle écléctique et mystique, à la recherche tant par la voie religieuse que par la voie philosophique d'une raison théorique et pratique dans le sentiment du divin, ce qui consistait à se faire de la divinité et des dieux une plus haute idée que celle de la croyance populaire et de la superstition.
Pour eux, le devoir de l'homme est moins d'offrir des sacrifices matériels que de mener une vie pure et sans tache, d'imiter ainsi la divinité, philosophie très haute, sorte de culte spirituel en esprit et en vérité qui permettait d'avoir sur dieu des idées très élevées et de se mettre en rapport d'union avec lui par la pureté de vie et les initiations.
Pour les esprits éclairés de ce temps, les mythes religieux enveloppaient et cachaient des vérités profondes. Passant pour les oracles du divin dans le monde, ces vérités ne pouvaient être, sous des voiles divers, que partout identiques.
Emanant du Dieu-Un, la vérité est une, et si l'intelligence qui partout perçoit la même vérité, est une en sa pensée, le Verbe, ou l'expression de la pensée, ne peut aussi partout que voiler et chanter la même vérité.
Cette vérité, la providence l'avait implantée avec la vie dans toutes les âmes humaines, et accordée dans sa justice à tous les peuples du monde.
En vertu de ce don et de cette révélation, les religions de toutes les nations, comme toutes les sagesses, sous des dehors variés et des mots plus ou moins différents, manifestent la même connaissance commune à tous les hommes.
"Celui qui parle avec intelligence doit se tenir ferme à ce qui est commun à tous."